J’étais un symbole niché sur un radeau, venu vous lancer des signaux,
Un cri, un S.O.S sous forme de détresse. Navez-vous donc rien vu ? N’avez-vous donc rien entendu ? Mon support était un stylo, son faisceau lumineux, pourtant visible dans le lointain, a tenu tant qu’il a pu. Fatigué d’avoir abondamment veillé, sur un rivage s’est échoué.
Le bruit des vagues est silencieux. Pauvre stylo comme je te plains, ainsi tu as vraiment cru en l’attachement ? Étais-tu donc si naïf et désemparé pour croire en l’amitié d’une blogosphère ? N’as-tu donc pas encore compris, toi qui porte un si lourd fardeau, que l’amitié d’une blogobulle n’est qu’illusoire et éphémère, que les promesses et les valeurs, sont des frôlements dissimulés.
Dis-toi que lorsqu’un être meurt seul dans l’obscurité, on lui consacre quelques lignes, quelques pages, ça fait bien de rendre hommage. Trois mois plus tard c’est oublié. Chacun à sa vie et son journal, ne cherche pas à savoir, l’humain est ainsi fait. Tu as tenté de leur parler, tu t’es risqué à badiner. Qu’espérais-tu donc, une main, une bouée ?
Allons du nerf, réveille-toi ! La vie t’espère, tes vrais amis sont d’autre part, as-tu enfin compris cette leçon ? Elle sera ta consolation. Peu importe ce que l’on pensera de toi, tu n’es ni écrivain, ni poète et si un jour tu souhaites montrer les images dont tu es fier, présente-les, sans conférer, sans espérer, sans te lier, avec distance, sans désirer. Le monde virtuel n’est pas tangible.
Prends le temps de vivre, regarde autour de toi. Comme le soleil qui, au printemps, perce la morosité d’un long hiver, tu trouveras bien des richesses, ne vis plus à tous les modes, conjugue ta vie au temps présent.

